Rechercher

THÈMES

CATALOGUES TÉLÉCHARGEABLES

Patrick Procktor, double maudit de David Hockney

 

Description

Patrick Procktor (1936-2003) fut le plus proche ami, le complice – l’amant peut-être –, le rival (sinon l’égal) en peinture de David Hockney. Au début des années 1960, ceux que l’on appelle les « jumeaux dandys du monde de l’art » connaissent un début de carrière fulgurant. Ils ont du talent à revendre, quasiment le même âge, vivent tous deux ouvertement leur homosexualité, et deviennent rapidement les coqueluches du Swinging London. Dans l’incroyable maison de Procktor se croise ainsi tout ce que la capitale anglaise compte d’artistes et de bohèmes : le styliste Ossie Clarck, l’acteur Terence Stamp, héros du Théorème de Pasolini, Mick Jagger, le photographe Cecil Beaton, les artistes plasticiens Gilbert et George… Mais quand Hockney s’envole pour la Californie, où il s’applique à fixer sur ses toiles sa vision pop et acidulée du rêve américain, Procktor, lui, préfère aller chercher ses modèles dans les hôpitaux, les centres de désintoxication et de rééducation, ou célébrer ses amours masculines. Il se dégage de sa peinture un érotisme, une fragilité, un classicisme paradoxal qui détonnent et dérangent dans une époque encore largement puritaine, et se révèlent bien moins solubles dans l’air du temps que les visions ensoleillées de son ami… Mais le tableau ne se laisse pas réduire à ce simple portrait en clair-obscur : car Hockney, de son côté, ne se prive pas de piller, dans les toiles de Procktor, la vibration, le tour de magie, le « supplément d’âme » qui manque parfois à ses œuvres – même s’il a toujours cherché à le dissimuler, son succès est en partie bâti sur ce fratricide originel.
Sans doute aussi Procktor était-il trop doué, trop frivole, trop inconstant : nombreux furent ceux qui lui reprochèrent d’avoir négligé son travail au profit des fêtes et mondanités ; lui s’en moquait et revendiquait, dans la lignée de Wilde, sa vie comme sa véritable œuvre d’art. Toujours est-il qu’à partir des années 1970, les deux amis s’éloignent et que leurs trajectoires suivent des courbes opposées : la gloire de Hockney ne cessera de grandir, tandis que Procktor entame une longue descente aux enfers pour finalement disparaître en 2003, alcoolique, fauché et quasiment oublié. Comme si, malgré lui, il avait été pour Hockney l’équivalent du double maudit, du portrait magique que Dorian Gray dérobe aux regards de tous, et qui paye à sa place le prix de ses succès… C’est sur les traces de ce personnage fascinant que nous ent

Fabrice Gaignault

Fabrice Gaignault est écrivain et journaliste. Auteur de deux ouvrages cultes sur le rock (Égéries Sixties, ), on lui doit également les romans L'Eau noire et Aspen Terminus, ainsi que le Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs, traduit en plusieurs langues. Son dernier livre, Bobby Beausoleil et autres anges cruels, est paru aux Éditions Séguier en 2017.

Prix : 

20,00

Format : 15 x 21 cm - 200pages

Parution : 20/04/22

ISBN : 9782840498322