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Alone

 

Description

Alone est l’histoire retrouvée de Mickey Baker, l’un des musiciens et compositeurs noirs les plus influents de l’Amérique d’après-guerre. « Retrouvée », car qui se souvient de ce guitariste de génie aujourd’hui ? Et qui s’attendait à découvrir sa trace en France, dans un petit village des environs de Toulouse ? Pourtant, la contribution de Mickey Baker à l’histoire de la musique populaire est immense : selon le New York Times, il fut l’un des principaux artistes (avec Chuck Berry) à l’origine de l’évolution du rhythm and blues vers le rock’n’roll. Pendant les années 1950, Baker est ainsi l’un des musiciens de studio les plus demandés ; il enregistre avec Ray Charles, Big Joe Turner et, grâce à son jeu de guitare blues si distinctif, imprime sa « patte » sur des chefs-d’œuvre devenus des références incontournables, comme la chanson Fever de Little Willie John, ou I Put a Spell on You de Screamin’ Jay Hawkins. Il vend en outre des millions d’exemplaires d’un livre didactique sur l’apprentissage de la guitare et se fait connaitre de tous les jeunes américains épris de musique. En 1956, avec l’artiste Sylvia Vanderpool, il enregistre la chanson Love Is Strange… Un hit monumental qui change d’un seul coup les conditions matérielles de sa vie et de son entourage.

Pourtant, la route vers le succès était loin d’être toute tracée pour le jeune Baker. Il naît en 1925 à Louisville, dans le Sud des États-Unis, d’un père blanc qu’il ne connaîtra jamais et d’une mère noire qui n’a que 12 ans lorsqu’elle lui donne le jour. Baker grandit dans un milieu très pauvre et sera toute sa vie stigmatisé pour sa couleur de peau : « Étant métis, pas vraiment noir et certainement pas blanc, j’ai toujours été un paria parmi les Noirs comme parmi les Blancs. Et je n’ai jamais été vraiment accepté ni par les uns ni par les autres », écrit-il en prologue d’Alone.

C’est d’ailleurs parce qu’il étouffe dans une Amérique qui vit alors sous le joug de la ségrégation que Mickey Baker décide, au début des années 1960, de quitter son pays pour s’établir en France, à Paris. Ainsi, à partir de cette date, Alone et la vie de Mickey Baker racontent une histoire française insoupçonnée. De même que le guitariste avait contribué à révolutionner la musique populaire américaine, il va participer à transformer celle de son pays d’adoption, en y important des sonorités nouvelles venues d’outre-Atlantique. À Paris, il travaille avec toute une vague de jeunes artistes que la presse surnomme les « Yéyés », et qui puise son inspiration dans le rock et le blues : Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Colette Magny, Ronnie Bird, et bien d’autres. Pour eux, il compose, joue en studio ou en tournée, produit des disques. À travers l’influence décisive qu’il a exercée sur cette période charnière de l’histoire de la musique populaire française, Baker est ainsi l’un des hommes de l’ombre qui ont contribué à lui donner le visage que nous lui connaissons aujourd’hui.

Alone est donc un texte rare à de nombreux égards. C’est d’abord un témoignage exceptionnel sur l’Amérique des marges, de la Grande Dépression au début des années 1960, un récit de première main sur la vie de la minorité noire défavorisée pendant cette période. Baker raconte de manière brute, frontale, la misère, l’orphelinat, la débrouille, la violence, le racisme. Mais à l’heure où le mouvement « Black Lives Matter », né aux États-Unis, connaît des répercussions à l’échelle mondiale, la trajectoire de Mickey Baker ne peut manquer d’éclairer les origines lointaines de cette actualité.

D’autre part Alone est un document unique sur la révolution musicale des années 1950 aux États-Unis et celle des années 1960 en France, dont il a été un acteur de premier plan, et entre lesquelles il a joué un rôle méconnu de passeur, de trait d’union.

C’est encore un texte formidable de rythme, d’intelligence, d’autodérision, où pulse toute l’énergie de l’argot de Louisville. C’est enfin l’œuvre d’un homme d’une grande probité, menacé par la mélancolie et les choix définitifs de l’amour – plusieurs fois M. Baker a tenté de mettre fin à ses jours. Écrit en anglais, Alone n’est jamais paru ; dans aucun pays ni aucune langue. Andrew Loog Oldham

(manager des Rolling Stones) ou Bertrand Burgalat le considèrent comme un grand livre, mais également comme un texte fondamental pour l’histoire de la musique.

 

Illustré

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Yves Gabay

Mickey Baker

Musicien et compositeur noir-américain, désigné comme l'un des 100 plus grands guitaristes de tous les temps par le magazine Rolling Stone, Mickey Baker (1925-2012) est considéré avec Chuck Berry comme l'un des précurseurs du rock'n'roll. Au début des années 1960, après avoir enregistré pour les plus grands (Ray Charles, Big Joe Turner, Screamin' Jay Hawkins) et signé le hit Love Is Strange (1956), il choisit de s'installer en France pour échapper au racisme auquel il est confronté aux États-Unis. À Paris puis à Toulouse, il contribue à réinventer la musique populaire française en jouant et en composant pour toute une génération de jeunes interprètes (Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Colette Magny, Ronnie Bird…).

L'indéfinie

Prix : 

22,00

Format :

15 x 21 cm

Parution : 04/11/2021

ISBN : 9782840498193